2024 06 28 Le Noura

affiche Noura juin 2024

   Ce vendredi 28 juin, c’est dans une chapelle comble que le célèbre choeur sablais s’est  produit une nouvelle fois au collège Notre-Dame de Bourgenay, rue des Religieuses aux Sables d’Olonne, pour le plus grand plaisir du public. Chantal Gauducheau, son inamovible chef de choeur invitait l’assistance à un voyage en Europe, du XVI ème au XXI ème siècles, une Europe géographique et historique, telle qu’elle existe depuis de nombreux siècles, Europe de la Renaissance ou Europe romantique, bien avant l’Europe politique et économique née après la Seconde Guerre mondiale.
La soirée était clairement composée de trois parties bien distinctes.Elle commençait par de la Musique sacrée avec quatre oeuvres au programme :  l’ « Ave Maria » de l’Espagnol Vitoria, le  « Laudate Dominum » de Marc-Antoine Charpentier extrait du Te Deum dont tout le monde connaît le passage servant d’indicatif  à l’Eurovision; puis ce fut le  passage en Russie où nous pûmes entendre  » Milost Mira » d’Archangelsky. Cette première partie s’achevait par l’écoute du  « Festgesang » de Mendelssohn. Le public put apprécier l’unisson des voix, l’homogénéité du choeur, tant dans les « pianissimi » que dans les « forte », accompagné au piano par Jean-Paul David ou Danièle Queraud. Comme à son habitude,Chantal Gauducheau donnait des informations brèves et précises sur chaque auteur et chaque oeuvre, toujours éclairante pour l’assistance, sans jamais non plus se départir de son humour.
La seconde partie était exclusivement instrumentale. Danièle Quéraud et Jean-Paul David par leur interprétation tout en nuance nous rappelaient  le raffinement de cette musique française de la fin du XIX ème et du début du XXème en interprétant  » Dolly » et « Berçeuse » de Gabriel Fauré, ainsi que la « Danse slave n°2 de Dvorak. Ils étaient rejoints au violon par Guy Allard pour interpréter avec beaucoup de finesse  » Après un rêve  » toujours de Gabriel Fauré et  » Nina », sans doute de Pergolèse. Après les chaleureux applaudissements du public, Danièle Quéraud se mettait au violoncelle pour interpréter avec ses deux complices  » Reflets et clapotis » de Jean-Paul Davédral.
Après un bref entracte, où chaque auditrice et auditeur pouvait participer par son obole au financement de la restauration de l’autel à baldaquin de Jean-Emmanuel Mercier qui orne le choeur, le concert se poursuivait avec de la musique profane cette fois. Le public put ainsi entendre quelques-uns des grands compositeurs d’Europe du nord, centrale ou du sud, tels que Monteverdi – le choeur final de l’Orfeo -, Grieg Letzterfrülhing ( Dernier printemps ), la  » Sérénade » du Danois Nielsen,  » Der tanz » de Schubert dans lequel un père est inquiet de voir sa fille aimer la danse et avec elle le joie de vivre et l’insousiance,  « Napadlie pisne » de Dvorak ou encore  » Horatii carmen » de Kodaly, qui avec son compatriote et ami Bela Bartok a recueilli de nombreux airs de sa Hongrie natale. Dans ce chant, le compositeur hongrois met en valeur les vers du poète latin Horace qui invite à la mesure dans l’existence et à éviter les trop grandes ambitions. Autant d’oeuvres interprétées avec enthousiasme ou mesure selon la nature de la composition, le choeur s’attachant aussi à révéler au public des compositeurs moins connus tels que le Suédois Stenhammar dans » I seraillets have  » qui évoque les jardins parfumés d’Orient et les minarets et pour terminer,  » Dawn  » ( Aube ) du compositeur anglais contemporain d’origine malgache Rakotomalala.
Richesse et variété des oeuvres, qualité d’interprétation, à la fois du choeur, mais aussi des instrumentistes, un si beau concert ne pouvait se terminer sans rappel. Placé sous le signe de l’Europe, c’est presque naturellement que le Noura interprétait l’ « Hymne à la joie » qui ponctue la Neuvième symphonie de Beethoven sur des paroles du dramaturge Schiller. Musique et paroles de paix appelant à l’unité des peuples vivant dans la fraternité … Tout un programme !
Merci au choeur, aux instrumentistes et à Chantal Gauducheau qui sait donner une âme à ses concerts. Le public venu nombreux ne s’y était pas trompé.